Le Réveil du Béarn - Filtrer les éléments par date : février 2017

 

Date parution : 27/02/2017

Communiqué de presse Grand Orient de France

Le Président de la République visite le musée de la Franc-Maçonnerie

L’histoire commune de la République et de la Franc-Maçonnerie

Par sa visite au Musée de la Franc-Maçonnerie, le 27 février 2017, le Président de la République, Monsieur François HOLLANDE, rend hommage aux combats des francs-maçons pour les valeurs de la République.

Cet hommage inaugure les commémorations du Tricentenaire de la Franc-Maçonnerie, et s’adresse à l’ensemble des Obédiences maçonniques réunies au Grand Orient de France.

Le Grand Orient de France constitue d’abord une fraternité initiatique au service d’une amélioration personnelle, et d’un engagement humaniste pour vivre et faire vivre la République laïque. Cette démarche maçonnique à la fois philosophique et initiatique, véritable outil d’émancipation, est illustrée et relatée par la présentation des collections du Musée.

Trois siècles d’émancipation ont abouti au passage de la royauté à la République, à l’abolition de l’esclavage, à la séparation des Eglises et de l’Etat, à l’égalité des hommes et femmes, et aujourd’hui, à la poursuite des conquêtes sociales et à la promotion de l’Humanisme des Lumières.

L’histoire de la République, jusque dans sa devise, demeure indissociablement liée à la Franc-Maçonnerie, véritable creuset de réflexions novatrices face aux enjeux et défis de notre monde.

Les Francs-Maçons, porteurs et propagateurs de Lumières et de Fraternité, oeuvrent sans relâche en faveur du progrès de l’Humanité Une et Indivisible.

Ne s’agit-il pas là tout simplement du projet de la République ?

Contact Presse :

Jacques Hennion - 06 70 75 95 97 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

2ème Grand Maître adjoint à la Culture

 

Publié dans Public

 

Monsieur le ministre,

Madame la maire du IXe arrondissement,

Mesdames et Messieurs les Grands Maîtres,

Mesdames et Messieurs les représentants de toutes les obédiences de la franc-maçonnerie française,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d’abord vous remercier pour votre invitation et saluer les talents d’orateur du Grand Maître, car il y a aussi une tradition dans la franc-maçonnerie qui est de s’exprimer fortement, librement et avec toute la force des convictions que vous portez.

C’est vrai que c’est la première fois qu’un Président de la République française en exercice franchit la porte du 16 de la rue Cadet.

Ce lieu est un lieu chargé d’histoire. Parce que, depuis 1853, le 16 rue Cadet est le siège du Grand Orient de France, la plus ancienne obédience maçonnique française encore en activité et la plus importante –même si je veux être prudent– de ces loges maçonniques.

Depuis plus d’un siècle et demi, initiés et profanes se retrouvent entre ces murs pour dialoguer, pour réfléchir, pour bâtir une République plus forte, plus humaine, plus fraternelle et pour faire qu’avant chaque moment décisif de notre histoire, vous puissiez aussi vous exprimer.

Nous sommes à la veille d’un moment important de notre vie publique et si vous n’y participez pas directement, vous faites en sorte que les réflexions que vous avez portées ces derniers mois puissent se retrouver dans la délibération publique de manière à inspirer des textes qui, demain, seront les lois de notre pays.

La rue Cadet est aussi un lieu de mémoire.

Il y a deux ans, c’était le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants qui était ici et qui inaugurait dans cette salle un mémorial pour rendre hommage aux maçons morts, « victimes de la barbarie nazie et du régime pétainiste ». Sur un mur est inscrit le nom des sacrifiés. C’est la mémoire douloureuse de la maçonnerie française, car elle a toujours été persécutée par les dictatures qui avaient bien compris que c’était là que s’élaboraient, que se construisaient les réponses ou les répliques aux mesures les plus arbitraires. Chaque fois qu’il y a des parts d’ombre dans notre histoire, les francs-maçons sont toujours pourchassés et ils l’ont été.

Mais il y a aussi dans ce musée une mémoire lumineuse. Vous conservez ici les souvenirs précieux de trois siècles d’Histoire, d’idées, de combats menés par les francs-maçons de France et aussi partout dans le monde car la franc-maçonnerie est un mouvement représenté sur tous les continents. Cette fraternité est aussi celle que vous portez.

Parcourir cette exposition – j’en remercie celui qui m'a guidé – c'est suivre la route qui mène de l'émancipation individuelle, c'est-à-dire de la recherche personnelle, du sens qu'il faut donner à son existence, vers les libertés collectives, c'est-à-dire ce qui peut faire avancer le monde dans lequel nous sommes. Ce mouvement, c'est celui que vous avez engagé de 1717 à nos jours puisqu’ici, nous célébrons le tricentenaire de la franc-maçonnerie française.

Première obédience moderne, la Grande Loge de Londres a été créée en 1717. Vous en avez rappelé l'existence, c'est assez rare de fêter un tricentenaire. C'est un privilège pour vous, mais aussi pour ce qui me concerne car je n'aurai pas l'occasion d'être là, quoi qu'il arrive, pour le centenaire suivant.

En 2003, pour le 275ème anniversaire de la fondation de la maçonnerie française, le Président Jacques CHIRAC avait reçu plusieurs centaines de membres de toutes les obédiences et de nombreux pays au Palais de l'Elysée. Donc d'une certaine façon, je viens vous rendre la pareille. Il y avait salué dans la franc-maçonnerie « une tradition philosophique qui a pris une part si importante en France et dans le monde à l'élaboration et la diffusion des idées républicaines ».

Il est vrai que la franc-maçonnerie est intimement liée à l'Histoire de France, avant même la République. Pas parce que les francs-maçons auraient été la force secrète, occulte, à l'œuvre derrière tous les événements, mais plus simplement parce que beaucoup de francs-maçons y ont joué un rôle éminent au nom d'une éthique qui les prédisposait à l'action et parce que leurs valeurs les conduisaient vers le progrès.

A l'origine, et vous l'avez parfaitement rappelé, il y a la volonté de quelques esprits éclairés d'associer à la raison scientifique des savants, l'idéal humaniste des philosophes et l'aspiration à la transcendance des artistes. C'est cette conjugaison qui fait finalement votre idée et votre identité.

Dans une France encore dominée par la monarchie absolue et la religion d'Etat, les loges furent donc à la fois un havre de tolérance et une école de la démocratie, avec déjà des fondements égalitaires pour les institutions qui en étaient la source. On y retrouvait les écrivains les plus célèbres de MONTESQUIEU à VOLTAIRE qui, si j'ai bien compris, a été initié tardivement – mais c'était pour lui le fruit d'une longue réflexion qui devait le conduire forcément à ce choix.

La maçonnerie, et cela m'a été confirmé, n'a pas fait la Révolution française, mais elle l’a préparée. Beaucoup de maçons furent ensuite à la fois des artisans des grands textes de la Révolution, mais également des victimes des déchirements des temps – les purges de la Terreur, l'embrigadement de l'Empire, la répression de la Restauration.

Tout au long du 19ème siècle, les maçons se battent pour l'avènement de la République. C'est l'époque où, en 1848, Victor SCHŒLCHER fait adopter l'abolition de l'esclavage sur le sol de la République française et où, en 1870, Adolphe CREMIEUX fait des juifs d'Algérie des citoyens français à part entière.

La plupart des lois de liberté adoptées entre 1870 et 1914 ont été réfléchies et travaillées dans les loges : l'autorisation des syndicats, le droit d'association, la liberté de la presse ont été autant de progrès d'abord soutenus par les francs-maçons.

Et puis, dans le grand combat pour la laïcité, les francs-maçons ont toujours été à l'avant-garde pour affirmer la neutralité de la République, pour établir une école débarrassée des influences extérieures, pour demander la séparation des Églises et de l'Etat et pour que soit pleinement reconnu pour le citoyen le droit de croire ou de ne pas croire.

Il est très important de revenir au texte fondateur, de reprendre l'esprit qui était celui des législateurs de 1905, pour bien savoir ce que nous avons à faire aujourd'hui. Quand on me demande ou quand on m'a demandé s'il fallait faire d'autres lois sur la laïcité, j'ai tout simplement dit qu'il suffisait d'appliquer strictement, fermement l'esprit des lois et la lettre de la loi de 1905.

Je n’oublie pas non plus combien la maçonnerie a aussi été un pont entre les peuples, avec des grandes figures universalistes : Auguste BARTHOLDI qui a donné son visage à l'idéal de liberté des Etats-Unis – il faut le dire en ce moment car je ne suis pas sûr que tous l’aient forcément bien compris et bien apprécié – ou encore Léon BOURGEOIS, le pionnier de la Société des Nations. Il faut le dire aussi, car au moment où les Nations unies, qui sont inspirées par la Société des Nations, avec ses échecs comme ses grandeurs, sont elles-mêmes remises en cause, contestées dans l'affirmation du droit international, dans la justice qui en est la conséquence et dans la capacité des institutions internationales à pouvoir intervenir sur les grands sujets du monde, nous devons rappeler là encore quelle est l'inspiration.

Enfin, les francs-maçons étaient des promoteurs de la République sociale.

Je salue ici l'œuvre de Jean ZAY, réformateur de l'école, défenseur de la culture, des arts et des sciences. Je retrouvais dans le musée une coupure de presse, Le Matin, qui en même temps qu'il annonçait des répressions sur les francs-maçons signalait également l'arrestation de Jean ZAY, juif. Donc au même moment où s'abattait la répression sur les francs-maçons, s’abattait également la répression sur les juifs parce que c'était la même volonté de combattre tous ceux qui pouvaient être jugés comme les ennemis de la nation.

Je pense aussi à Pierre MENDES-FRANCE qui a incarné toute sa vie cette grande idée de la morale en politique –je pense que c'est très important de rappeler la morale en politique – et de la vérité dans l'art de gouverner. Et beaucoup de francs-maçons ont aussi inventé en matière sociale –j'évoquais Léon BOURGEOIS –, la protection sociale dans notre pays. Les sociétés de secours mutuel qui préfiguraient l'Etat-providence et les caisses d'assurance sociale dans l'entre-deux guerres qui ont annoncé la Sécurité sociale, là aussi, ont été pour beaucoup portées à l'origine par des francs-maçons.

Après 1940, la guerre, les persécutions de l'Etat Français, des déportations eurent lieu et à la Libération la maçonnerie avait perdu une grande partie de ses membres. Mais votre mouvement, toutes sensibilités confondues, a su se relever, reprendre le chemin du progrès, conquérir de nouvelles libertés et développer de nouvelles solidarités.

La franc-maçonnerie a même œuvré pour rétablir la paix civile. C'était en 1988, lorsque la Nouvelle-Calédonie – et nous devons être attentifs à ce qui s'y passe – était prise par beaucoup de convulsions. Alors, Michel ROCARD avait choisi personnellement Roger LERAY, le Grand Maître du Grand Orient de France, pour participer à la mission qui a permis de conclure les accords de Matignon.

Encore aujourd'hui, vous êtes plus que jamais investis, engagés dans la cité, vous n'hésitez plus à apparaître directement pour vous expliquer, pour dire ce qu'est la franc-maçonnerie et pour porter vos réflexions.

Mais j'aurais pu aussi évoquer l'histoire plus sombre de tous ceux qui ont voulu remettre en cause ce que vous êtes et qui ont toujours cultivé les mêmes calomnies, les mêmes fantasmes au nom d'un complotisme qui n'a rien perdu, hélas, de son actualité. Il suffit de cliquer sur Internet pour immédiatement voir resurgir les conspirationnistes, c'est-à-dire tous ceux qui pensent que vous êtes ici en train de préparer je ne sais quel complot, je ne sais quelle organisation, je ne sais quelle préparation. Tout cela est parfaitement ahurissant mais hélas, propagé, cultivé, diffusé et vous avez dû même faire face à certaines menaces, ce qui vous a conduit à renforcer votre sécurité ici rue Cadet et l'Etat a été à vos côtés pour vous protéger, car en voulant attaquer la franc-maçonnerie, c'était la République qui était directement visée.

C'est aussi la raison pour laquelle il est très important que des initiatives soient prises pour ouvrir largement les portes de la franc-maçonnerie et en faire comprendre le sens. La Bibliothèque nationale de France a organisé une exposition qui, à cet égard, est particulièrement réussie, permettant de dissiper les légendes noires et de mieux faire comprendre le sens de votre engagement. C'est la même idée qui préside au renforcement de ce musée de la franc-maçonnerie, parce que votre message est d'une grande actualité.

Je ne dirais pas que les combats sont les mêmes, mais finalement en trois siècles, ce sont toujours les mêmes valeurs qu'il nous faut promouvoir, qu'il nous faut organiser, qu'il nous faut défendre dans des sociétés qui ont considérablement changé.

La liberté d'abord, la liberté contre l'obscurantisme, contre le fanatisme, contre le fondamentalisme, la « liberté absolue de conscience » contre les dogmes, la liberté de pensée contre ceux qui prétendent censurer et je n'oublie pas que quand la rédaction de Charlie Hebdo a été décimée, il y a deux ans, deux de vos frères étaient parmi les victimes, Bernard MARIS et Michel RENAUD et je salue leur mémoire aujourd'hui. Liberté quand nous sommes nous-mêmes attaqués sur notre propre sol par des groupes terroristes. Liberté que nous devons défendre partout dans le monde, au nom de l'idéal que nous portons qui n'est jamais pour soumettre ou pour dominer mais toujours pour émanciper.

L’égalité. Hier, il s'agissait d'obtenir l'égalité politique entre tous les citoyens, quelles que soient leurs origines, leurs conditions. Aujourd'hui, il s'agit d’affirmer d'autres formes d'égalité : égalité entre les femmes et les hommes – et je salue les progrès de la mixité dans certaines de vos obédiences – mais l'égalité est aussi sociale. Vous l'avez rappelé, Monsieur le Grand Maître, égalité sociale, égalité territoriale, égalité dans les destins, égalité dans les conditions pour accéder aux rôles les plus importants dans notre pays et il y a beaucoup à faire, face aux discriminations, face aux reproductions sociales, face aussi à cette fatalité, à ces déterminismes qui font que c'est toujours dans les mêmes écoles que se trouvent les meilleurs et hélas, dans d'autres écoles, ceux qui ont vocation à être relégués ou abandonnés.

Ce sentiment d'abandon, de dépassement doit être absolument combattu, pas simplement par les mots, mais par les actes. C'est ce que nous avons tous à faire et dans une société menacée par l'individualisme, mais aussi par les communautarismes, nous devons défendre une valeur qui est chez vous presque naturelle, même si elle est culturelle, c'est la fraternité, c'est la pratique de la solidarité.

Je me suis longtemps comme vous posé cette question : pourquoi avoir ajouté à la liberté, à l'égalité, la fraternité ? J’ai eu des réponses, y compris dans les heures les plus terribles que j'ai pu vivre comme Président de la République, lorsqu’il y a eu des attaques terroristes sur notre propre sol, des hommes et des femmes massacrés parce qu'ils étaient français et aussi parce qu’ils pouvaient être juifs, parce qu'ils pouvaient être policiers ou parce qu'ils pouvaient être tout simplement journalistes ou parce qu'ils étaient là tout simplement, là où ils n'auraient pas dû être.

Alors, j'ai vu surgir des élans formidables de volonté d'être ensemble, de solidarité anonyme, de courage exceptionnel et donc de fraternité qui suppose d'être avec les autres. La fraternité, ce n'est pas simplement une générosité personnelle qui fait que l'on accomplit presque solitairement, anonymement, un acte qui peut être salué, mais qui ne suffit pas. La fraternité, c'est d'avoir un lien avec des personnes qu'on ne connaît pas ou qu’on ne connaissait pas jusqu’au moment où nous avons été confrontés au même moment aux mêmes épreuves.

C'est là que nous devons défendre la fraternité car tout ce qui sépare, divise et oppose est contraire à cette valeur de fraternité et si certains veulent prendre des valeurs, capter des valeurs, j’allais dire « voler » des valeurs, il faut les mettre devant leurs responsabilités et devant leurs mensonges ou leur instrumentalisation. On ne peut pas défendre la liberté si on contredit l'égalité ; on ne peut pas défendre l'égalité si on s'écarte de la fraternité.

Pour toutes ces raisons vous êtes les défenseurs ardents de la laïcité, de sa lettre, de son esprit et vous refusez de voir cette laïcité détournée par celles et ceux qui s'en servent uniquement pour stigmatiser une religion mais qui s’empressent de l'oublier lorsqu'il faut défendre la neutralité de l'Etat et de son école.

La laïcité est le cadre qui nous permet de vivre ensemble dans le respect de nos différences mais pacifiquement rassemblés dans l'adhésion à la République dans tout ce qu'elle comporte de devoirs communs. Alors depuis 2012, j'ai veillé à ce que nous puissions faire porter cette laïcité partout et notamment dans nos écoles : la charte de la laïcité qui est affichée, dès la rentrée de septembre 2013, sur tous les panneaux de nos établissements scolaires ; la création d'un enseignement civique et moral dès la rentrée de 2015 ; l'introduction de l'enseignement laïque des faits religieux qui n'avait jusqu'alors jamais abouti depuis le rapport de Régis DEBRAY de 2002 ; la formation de près de 100 000 enseignants à la laïcité ; et l'inscription dans le droit de la fonction publique des principes de laïcité et de neutralité.

Neutralité. Neutralité de l'Etat, impartialité des fonctionnaires et je n'accepterai jamais que l'on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu'ils appliquent la loi et qu'ils font en sorte que la justice puisse travailler. Lorsque l'on remet en cause la neutralité de l'Etat, c'est que l’on est prêt à mettre en cause aussi les principes de laïcité, d'indépendance et d'impartialité. Indépendance de la justice, impartialité de l'Etat : ce sont des valeurs très importantes qu'il faut ici rappeler quand elles sont mises en cause.

Monsieur le Grand Maître, parmi beaucoup de causes qui mobilisent la franc-maçonnerie, il y a la défense de la dignité humaine. Parce que les maçons ont toujours considéré l'être humain en tant que tel, vous êtes à la pointe des combats actuels contre la douleur, pour le droit de mourir dans la dignité – nous avons fait progresser, pas forcément jusqu'au point où vous l'auriez souhaité, mais c’est pour vous permettre de réfléchir encore et de faire en sorte que la législation puisse également progresser, car elle progressera, y compris dans ces domaines.

Vous avez aussi voulu penser les mutations inouïes que les nouvelles technologies du vivant nous laissent deviner et c'est ce qu'on appelle le transhumanisme ou l'homme augmenté. C'est une question redoutable. Jusqu'où permettre le progrès ? Car le progrès ne doit pas être suspecté, nous devons le favoriser. Comment faire que nous puissions maîtriser ces graves questions éthiques ? Ce qui est en jeu, c'est l'idée même d'humanité, de choix, de liberté.

Alors face à ces bouleversements que certains espèrent, que d'autres redoutent, le regard de la franc-maçonnerie est une boussole tout à fait précieuse dans cette période et une lumière qui aide à saisir les enjeux et à y répondre.

Mesdames, messieurs,

La franc-maçonnerie ne repose pas sur un dogme fermé mais sur une vision ouverte. Elle est une méthode avant d'être une finalité.

Vous avez fait en sorte que la République puisse être ce qu'elle est aujourd'hui et c'est le sens de ma présence qui est simplement une démarche de reconnaissance pour ce qui a été apporté, génération après génération, pas seulement par vous mais aussi par vous. La République croit au progrès. Elle croit à l'amélioration de la condition humaine. Elle pense que le progrès personnel vient aussi alimenter le progrès dans la société et c'est cette espérance que vous portez depuis trois siècles : une société plus juste, une volonté de bâtir un monde plus fraternel.

Nous sommes, je le disais, dans des périodes tumultueuses au plan international, où l'ordre que nous avions connu qui n’était pas sans désordres, était néanmoins maîtrisé. Période de tumultes où l'Europe que nous avions voulue – même si pour beaucoup, elle ne correspondait pas nécessairement aux attentes – semble, elle aussi, être en train d'être défaite.

Nous sommes dans une période également décisive puisque nous aurons à faire un choix qui fera que notre pays pourra avancer dans un sens ou reculer, si c'était une option. Mais il y a pire que cela : il y a ce qui pourrait mettre en cause la République elle-même, ses idéaux sûrement, son organisation vraisemblablement, sa manière avec laquelle elle considère l'être humain. Chacun doit prendre sa responsabilité. Le Président de la République, je le suis jusqu'au mois de mai prochain et je serai pleinement dans ce combat pour la République, au-delà même des sensibilités pour que nous puissions être sûrs que tout aura été dit, pour que les choix puissent être éclairés et pour ne pas avoir péché par indifférence ou par silence.

On dit que souvent le mal se fait non pas simplement par ceux qui le commettent, mais par ceux qui se taisent devant des actes qui peuvent avoir cette conséquence. Alors, oui chacun a à prendre sa responsabilité, mais je sais ce que vous aussi, vous aurez à faire.

La République, je l'ai dit, sait ce qu'elle vous doit et je sais aussi que vous serez toujours là pour la défendre. Je serai, moi aussi, au-delà de ma fonction, toujours là pour prendre cette responsabilité.

Vive la République !

Vive la France !

Publié dans Public
lundi, 27 février 2017 07:32

Le GODF dernier défenseur de la Laïcité?

Entré libre et gratuite

Publié dans Public
dimanche, 19 février 2017 10:57

Salaires religieux concordat Alsace Moselle

La loi du 22 juillet 1923 constitue le texte de base concernant la rémunération des personnels des cultes et leur retraite ;  leurs traitements sont quasiment des traitements nets, car ils sont exempts du prélèvement de cotisation pour pension civile (c’est l’État qui paye les pensions, soit 20 millions d’euros par an, via le budget des cultes qui s’élève actuellement à 55,9 millions d’euros annuels).Ce sont donc les contribuables de tous les départements de France et d’outre-mer qui payent les salaires, les pensions et l’essentiel de la protection sociale des ministres des cultes concordataires.

Le décret du 10 juillet 1948 a établi la grille indiciaire des traitements des ministres des cultes reconnus – qui n’ont pas la qualité officielle de fonctionnaires – décret confirmé par celui du 29 décembre 1973 et l’arrêté interministériel du 25 avril 1974. Leur grille indiciaire a été revalorisée par le décret du 16 mai 1997 et le décret du 8 octobre 2007 fait passer la plupart d’entre eux dans la catégorie A de la Fonction publique.

CULTE RECONNU CATHOLIQUE

culte catholique indice brut indice maj traitement br.
évêque hors échelle A Chevron III 4423,51
évêque coadjuteur 804 660 3055,80
évêque auxiliaire 714 592 2740,96
vicaire général 699 580 2685,40
chanoine 699 580 2685,40
secrétaire général 699 580 2685,40
curé 672 560 2592,80
desservant 659 550 2546,50
vicaire 495 427 1977,01
aumônier 672 560 2592,80

CULTE RECONNU PROTESTANT

culte protestant indice brut indice maj traitement br
prés. du Directoire* 755 623 2884,49
prés. Cons synodal** 755 623 2884,49
pasteur 672 560 2592,80
pasteur auxiliaire 495 427 1977,01
vicaire 364 338 1564,94
secr gén du direct* 699 580 2685,40
secréta gen de l’Eral** 699 580 2685,40
aumônier 672 560 2592,80
secr direct* 612 514 2379,82
secr cons synodal** 612 514 2379,82

(*) église luthérienne (**) église calviniste

CULTE « RECONNU » ISRAÉLITE

culte israélite indice brut indice maj traitement br
grand rabbin 712 590 2731,70
rabbin 672 560 2592,80
secr. consistoire 612 514 2379,82
aumônier 672 560 2592 ,80

A TITRE DE COMPARAISON : enseignants fonction publique d’Etat

grade échelon traitement br indice maj traitement net
AGRÉGÉ 11e ÉCHELON 3801,23 821 3206,33
CERTIFIÉ 11e ÉCHELON 3046,73 658 2569,91
CERTIFIÉ 1er ÉCHELON 1615,87 349 1362,98

En outre, les ministres du culte bénéficient du logement gratuit ou d’une indemnité de logement payée par la commune et d’un régime de protection sociale spécifique (décret du 19 janvier 1951) très avantageux : ils ne payent que 3,715 % de cotisation d’assurance-maladie, celle-ci excluant bizarrement le risque d’accident du travail !

À cela s’ajoutent des avantages en nature : voiture avec chauffeur pour l’évêque, indemnités de desserte de plusieurs paroisses (binage), cours de religion payés par l’État (le curé peut être aumônier dans les établissements publics), etc. De ce fait, il arrive souvent que le traitement net soit supérieur au traitement brut.

Publié dans Uncategorised

Le statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle


José Arias et Paul Klein


 (libre pensée)

Nous sommes en période électorale et les libres penseurs ont choisi de consacrer cette émission mensuelle à l’importante question du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle et à la défense de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905.




Paul Klein :Qu’est-ce qu’on entend par le terme laïcité dans la loi de 1905 ?




José Arias : La laïcité est un principe d’organisation politique de la république qui fonde la démocratie et permet la pleine liberté des citoyens. C’est une valeur universelle de progrès qui repose sur 3 principes très clairs d’organisation politique :


- droit absolu à la liberté de conscience qui fonde l’autonomie de l’individu 
- égalité des droits des citoyens, qu’ils soient croyants, agnostiques ou athées 
- indépendance absolue de la sphère publique, de l’Etat et des institutions par rapport aux différentes options spirituelles, car ils reposent sur des lois communes à tous.


La laïcité ne peut donc être une auberge espagnole où chacun vient y apporter ce qu’il veut en fonction de ses intérêts particuliers. C’est un facteur de paix et de concordes civiles pour toute la communauté nationale. Elle n’a rien à voir avec le communautarisme qui enferme les individus dans des groupes religieux, ethniques ou sectaires.


Que disent très clairement les deux premiers articles de la loi de 1905 :


- Article 1er : « La République assure la liberté de conscience » 
- Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Les établissements publics du culte sont supprimés »


Alors, cent ans après la loi de Séparation, que peut-on dire de la situation d’exception républicaine en Alsace-Moselle ?




Paul Klein : Les citoyens des départements du Rhin et de la Moselle subissent un système cléricalo -politique d’Ancien-Régime, avec ses discriminations autoritaires et ses privilèges exorbitants. En effet le régime du Concordat napoléonien de 1801, celui de la loi du vicomte Alfred de Falloux de 1850, instaurant les écoles confessionnelles sont toujours en vigueur. Leurs textes n’ont pas été abrogés du fait de l’Annexion allemande et aussi du manque de courage politique des dirigeants français après 1918.


La loi de séparation de 1905 ne s’applique donc pas en Alsace-Moselle !


Le comble, c’est que la République française a maintenu dans ces trois départements des lois de l’Empire allemand, des lois du Kaiser, notamment à l’ Ecole publique où les cours de religion sont obligatoires sauf demande de dispense dûment signée, déposée … et parfois égarée par une administration trop zélée.


Ainsi les scories d’un passé réactionnaire révolu sont ici la norme du droit scolaire et cultuel. Et là, il ne s’agit plus de lâcheté, mais de compromission du pouvoir politique avec les partis cléricaux.




José Arias : Qui paye les clergés concordataires ?




Paul Klein : L’Etat reconnaît donc officiellement quatre cultes et les finance généreusement. Les ministres de ces cultes sont rémunérés comme des fonctionnaires sur la base de la grille indiciaire de la Fonction publique. Leurs indices ont été rehaussés en 1997. Un curé payé à l’indice 612 de la fonction publique touche plus de 2700 euros par mois, l’évêque, rémunéré à l’indice 1015, touche près de 4500 euros par mois. Ce sont les seuls « fonctionnaires » français à bénéficier d’un traitement net supérieur ou équivalent au traitement brut, car il faut tenir compte des avantages sociaux, de l’indemnité de résidence à laquelle il faut ajouter des indemnités de desserte des paroisses. Ils ont droit en outre à des indemnités de logement payées obligatoirement par la commune s’ils ne sont pas logés gratuitement en presbytère.


Ils touchent en effet une pension versée par l’Etat pour laquelle ils ne cotisent pas. Il leur suffit d’avoir officié dix ans pour toucher 33% de la pension (on inclut deux années d’études et le service militaire dans ces dix années). Ils bénéficient du plein traitement les trois premiers mois de la retraite. En cas de décès, un trimestre de grâce (plein traitement pendant un trimestre) est accordé à leurs ayants-droit ou ascendants. Les années passées dans l’enseignement privé sont prises en compte pour le calcul de la pension, les années d’aumônerie sont également prises en compte ainsi que les congés réguliers dans le Tiers-Monde.


On est là bien loin de la loi Fillon sur les retraites !


Classés par la Sécurité sociale dans le chapitre « fonctionnaires – section 230 », ils bénéficient d’un régime spécial d’assurance-maladie régi par une loi de 1951 qui maintient en cas de congé pour maladie ou d’accident le paiement intégral du traitement sans limitation de durée (avec l’accord de leur hiérarchie).


Quant aux ministres du culte qui donnent des cours de religion à l’Ecole publique en tant qu’aumôniers, ils cumulent les deux traitements. Ils vivent comme des coqs en pâte.


Les chefs des quatre cultes reconnus (catholique, protestants luthérien et réformé, israélite) bénéficient en outre d’une voiture de fonction avec chauffeur et d’indemnités de représentation. Ils occupent un rang de préséance dans les cérémonies officielles de la République auxquelles ils ne manquent pas de participer.


Nous disposons donc en Alsace-Moselle de quatre religions d’Etat appointées et supervisées par le Ministère de l’Intérieur. Les « établissements publics des cultes » ont la personnalité juridique et bénéficient d’avantages fiscaux très importants (taux réduit à 24% de l’impôt sur les sociétés pour les revenus du patrimoine, exonérations de la taxe additionnelle au droit au bail, de la taxe locale d’équipement, de la taxe d’habitation, de l’impôt foncier).


La loi de finances 2006 a alloué environ 54,2 millions d’euros au budget des cultes alsacien-mosellan pour environ 1429 emplois temps plein travaillé, en hausse de 20 millions d’euros par rapport à 2003, pour 1 094 ministres du culte catholiques, 308 protestants et 27 israélites. Les quatre cultes reconnus se gèrent souverainement. L’Etat a abdiqué tout contrôle en 2001.


Bien évidemment l’Etat subventionne l’entretien des édifices cultuels et les communes sont contraintes de verser une subvention d’équilibre si la paroisse est défaillante financièrement. Les communes crachent sérieusement au bassinet. Ainsi la Ville de Strasbourg verse annuellement 450 000 mille euros aux cultes reconnus, elle va jusqu’à payer 50% du chauffage. Qui dit mieux ?


Le régime concordataire constitue bel et bien une survivance historique juteuse pour les 4 cultes reconnus qui jouissent de privilèges exorbitants dignes de l’Ancien régime monarchique.




José Arias : En quoi consiste le statut scolaire clérical d’exception ?




Paul Klein : Il mixe la loi Falloux maintenue, les lois impériales allemandes et les lois françaises postérieures à 1918, il rend l’enseignement religieux obligatoire dans le primaire et le secondaire. Il stipule que les écoles primaires sont confessionnelles ou interconfessionnelles et qu’elles doivent respecter la religion, la morale et le pouvoir établi. La légitimité de certains textes est douteuse puisque le Ministère de l’Intérieur refuse de traduire certains textes allemands écrits en caractères gothiques !


La compromission de l’Etat français est patente dans cette affaire puisqu’il a étendu en 1958 l’enseignement religieux obligatoire à l’enseignement technique et professionnel. La dispense, elle, n’est apparue qu’en 1933 (circulaire Jean Zay). Bonjour la liberté de conscience !


Ce système entraîne au niveau des inscriptions un fichage religieux des élèves légitimé bizarrement par la loi Informatique et Libertés. C’est souvent le parcours du combattant laïque pour obtenir la dispense, car l’administration force parfois l’inscription aux cours de religion. Un service des Cultes dans les préfectures des 3 départements est chargé d’établir une carte géographique des fidèles pour répartir les fonds alloués et astreindre les communes à l’application financière de la règle concordataire.


A Hagondange en 2000, l’Inspection académique de la Moselle a supprimé les allocations familiales à une mère de famille au prétexte que sa fille avait manqué les cours de religion alors que la dispense avait été déposée en juin. Et récemment on a tenté de supprimer les félicitations à un élève d’un grand lycée de Metz (le lycée Fabert pour le nommer) parce qu’il ne suivait pas l’enseignement religieux.


Ce système est d’autant plus révoltant que la désaffection des familles grandit vis-à-vis de cet enseignement confessionnel obligatoire, ce qui affole notamment la hiérarchie catholique. En effet les aumôniers quadrillent les établissements publics et bénéficient aussi des avantages du système concordataire.


En 2001, de manière provocatrice, le ministère a créé un CAPES de religion avec 43 postes ouverts à un concours bidon pour titulariser les auxiliaires de religion. Devant le tollé provoqué, il a seulement changé l’intitulé de l’arrêté ministériel tout en titularisant les auxiliaires de religion « reçus ».


En 1991, le gouvernement, soumis aux clergés concordataires, a fait un tour de passe-passe : il a appliqué le statut confessionnel des Ecoles normales d’instituteurs aux nouveaux IUFM ( Instituts universitaires de formation des maîtres ) créés par la loi d’orientation Jospin de 1989 ! Les élèves -maîtres subissent donc une formation religieuse malgré eux s’ils veulent réussir leur concours. Et la théologie est enseignée officiellement dans les Universités de Metz et de Strasbourg, devenues des pépinières de prêtres et surtout d’aumôniers. La boucle est bouclée.


Quant aux enfants dispensés de religion, ils sont souvent victimes de ségrégation, voire de vexation à l’Ecole primaire. On les met dans le bureau du directeur.


Voilà où en est l’application de la Constitution laïque en Alsace-Moselle en 2007 ! Et l’archevêque de Strasbourg a récemment osé la formule miraculeuse : « La laïcité, c’est le Concordat ! »




Paul Klein : Mais comment se fait-il que ce statut perdure ?




José Arias : Ce statut anachronique ne tient que pour deux raisons :


- un puissant lobby défend les privilèges juteux des clergés concordataires. Les gouvernements successifs de la 5e république, notamment, ont tous œuvré au maintien du concordat et de ses privilèges ( De Gaulle, Pompidou, Mitterrand , notamment les ministres Joxe et Chevènement). Aujourd’hui tous les députés et sénateurs d’Alsace-Moselle sont membres de droit du Comité consultatif du Droit local dont la raison d’être est de maintenir le système d’exception. L’unanimité est requise pour la prise de décision. On imagine les pressions… Lors de la Commission STASI, ces parlementaires ont exigé de disjoindre l’affaire du voile du régime concordataire alsacien-mosellan. Tant pis pour les cultes non reconnus ! Ce lobby est conforté par la politique des gouvernements qui ont capitulé depuis 1918 devant les exigences des clergés ou les ont favorisées comme c’est le cas pour la Cinquième République et son cortège de lois antilaïques. Aujourd’hui, dans les couloirs ministériels, on parle de partenariat entre l’Etat et les Eglises … 
- la deuxième raison, c’est que ce lobby use de la démagogie pour justifier l’injustifiable. D’abord l’amalgame entre le régime local de Sécurité sociale très apprécié par la population et le système cultuel concordataire. Il n’y a pourtant aucun rapport entre les deux. Ensuite un mensonge énorme : l’immense majorité de la population serait croyante et soutiendrait le système clérical d’exception. Le clergé parle de 78% de catholiques en Alsace-Moselle, chiffre hautement fantaisiste. Le rectorat avoue en Moselle 39% de collégiens qui suivent les cours de religion, 2,3% en lycées. Le clergé mosellan revendique 800 000 fidèles catholiques, mais la quête diocésaine n’a drainé que 3 288 donateurs en 2 004, soit 0,4%. Cherchez l’erreur !


Il est clair que la déchristianisation accélérée, la crise d’effectifs des prêtres catholiques terrorisent la hiérarchie qui veut les endiguer pour maintenir privilèges et prébendes et pour conserver son emprise sur la société civile. L’Etat vole à son secours. N’a-t-il pas maintenu les moyens financiers en heures et en postes dans la dotation horaire globale pour les heures de religion alors que les moyens s’effondrent partout dans les disciplines d’enseignement ? On peut imaginer ce que serait la situation du clergé majoritaire en Alsace-Moselle sans le soutien institutionnel et financier du concordat napoléonien et du statut scolaire confessionnel !


Le prix à payer pour les citoyens, c’est celui de l’endoctrinement des enfants, du pillage des fonds publics, de la discrimination entre les cultes et entre les citoyens, de l’absence de démocratie, de la non application de la législation républicaine.




Paul Klein : Quelle est alors votre conclusion concernant ce statut clérical d’un autre âge ?




José Arias : Il n’y a pas de laïcité institutionnelle et constitutionnelle en Alsace-Moselle, dans 3 départements de la république !


Pourtant la Constitution du 4 octobre 1958 stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans discrimination d’origine, de race et de religion ».


Les trois départements alsaciens - mosellan n’ont donc connu la laïcité que pendant six petites années : de 1795 à 1801 ! du premier décret de séparation des Eglises et de l’Etat, datant du 3 Ventôse de l’an III (1795) à l’imposition du Concordat par le premier consul Bonaparte.


Le maintien du régime concordataire et du statut scolaire confessionnel obligatoire constituent indubitablement un déni de démocratie, un véritable scandale républicain.


A l’heure où les religions établies affichent leur volonté de réinvestir le champ politique pour tenter d’imposer la primauté des lois divines sur les lois de la république, la fédération nationale de la Libre pensée ne cesse de demander l’abrogation du statut clérical d’exception, car il est un encouragement permanent de l’Etat aux regroupements communautaires contre les libertés républicaines.


Très récemment la Libre pensée s’est adressée à tous les candidats aux présidentielles afin de leur demander leur position sur cette question importante. Notre revue La Raison publiera toutes les réponses reçues. C’est ainsi que les citoyens pourront se faire juges et choisir en connaissance de cause laïque. C’est la fierté de notre fédération nationale d’assumer ce combat républicain. Rejoignez la Libre Pensée.

Publié dans Uncategorised
vendredi, 10 février 2017 17:12

La statue de la Liberté

Sur sa base, une plaque de bronze porte gravé la fin du poème de la poétesse américain Emma Lazarus, intitulé « The New Colossus »  (« le nouveau colosse »). La plaque de bronze a été ajoutée en 1903. Voici les derniers vers du poème, tel qu'écrit sur le socle:

“Keep, ancient lands, your storied pomp!” cries she

Give me your tired, your poor,


Your huddled masses yearning to breathe free,


The wretched refuse of your teeming shore.


Send these, the homeless, tempest-tost, to me,


I lift my lamp beside the golden door !


Garde, Vieux Monde, tes fastes d'un autre âge, crie-t-elle
Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte
J'élève ma lumière et j'éclaire la porte d'or !



Publié dans Public