Le Réveil du Béarn - Filtrer les éléments par date : septembre 2016
jeudi, 15 septembre 2016 08:31

La fin de l’été

La fin de l’été


Septembre a sa lumière et ses couleurs. Ce n’est pas encore l’automne, mais on distingue ça et là les premières rides d’un visage qui fut verdoyant, et qui bientôt ne le sera plus. Si l’on voulait bien se donner la peine d’approcher notre regard de nos « Pirenèus », on apercevrait leur peau d’arbres souffrants dont la plainte nous est trop souvent inconnue, leurs veines de sources et de ruisseaux attendant la pluie comme un miracle. On entendrait leur cœur qui bât plus vite qu’à l’accoutumée. La chaleur, que dis-je ?, le « caumàs » (1) les accable et les fatigue. Et que dire aussi des habitants de Séville et ne parlons pas de Phoenix, en Arizona où la température moyenne diurne a été de 37,5° ! La touffeur de ces derniers jours m’a fait penser aux premières lignes de « Lo Camin de tèrra » (2), le roman de Bernard Manciet : « Nous sommes en pleine sècheresse. Le maïs a mauvaise mine. » On nous dit pourtant que ces excès climatiques ne sont que le début d’un cruel roman qui verrait le Béarn passer allègrement de l’autre côté, pour connaître un climat méditerranéen, sans doute insupportable aux corps et âmes de nos concitoyens. Mais qui s’en soucie ? On ne nous parle que de primaires à Droite et à Gauche. De « burkini », d’islamisme radical et de Sarkozy, de son éternelle volonté d’en découdre avec Hollande pour guérir une blessure narcissique : sa défaite en 2012. Nous voici réduits à assister au spectacle affligeant d’une pré-campagne électorale où les candidats se multiplient « shens cès, ni pausa » (3). Je le répète, ce pays se cherche un homme providentiel — où est la femme. Notre République est assurément malade de sa verticalité. Elle ne répond plus au besoin vital d’une société qui vit, invente, avance, recule, repart, dans l’horizontalité. Que dire encore de la pauvreté et de la misère grandissantes ? Ce pays à des rêves d’autrefois, comme si l’avenir ne pouvait être que la répétition névrotique d’un passé fantasmé et « glorieux », tel l’été resplendissant d’un premier amour, qui n’a peut-être jamais existé.

1.    Touffeur
2.    Le Chemin de terre (à paraître)
3.    Sans trêve ni repos.

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